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Un important article a  été publié dans le New England Journal of Medicine concenant la mortalité chez les diabétique de type 1. Le Dr Céline Huot nous résume cet article. Il est « perturbant » de se rendre compte de la mortalité élevée même chez les patients avec un excellent contrôle.

Article: Lind M, Svensson AM, Kosiborod M, et al.  Glycemic Control and Excess Mortality in Type 1 Diabetes.  New England Journal of Medicine, 2014; 371: 1972-82.

Commentaire et introduction: L’augmentation du risque de décès chez les personnes porteuses d’un diabète de type 1 est principalement attribuable, chez les moins de 30 ans, aux conséquences de l’hypoglycémie sévère ou de l’acidocétose diabétique, tandis que chez les sujets âgés, ce sont d’abord les maladies cardiovasculaires qui occasionnent les décès.   Dans les années 1990, l’étude cruciale du DCCT (Diabetes and Complications Trial) a démontré un lien entre le contrôle glycémique et la diminution de la survenue ou de la progression des complications microvasculaires du diabète.   On a toutefois dû attendre pour apprécier l’impact favorable d’un bon contrôle glycémique (pour l’ensemble des personnes ayant participé à l’étude-mère sous le volet «intensif») sur la santé macrovasculaire (publications en lien avec l’étude de suivi EDIC (Epidemiology of Diabetes Interventions and Complications).

À ce jour, par contre, on n’avait pas démontré s’il existe un lien entre le risque de décès de toutes causes ou de causes cardiovasculaires chez les personnes avec diabète de type 1 et le niveau du contrôle glycémique : cette étude de Lind et de ses collègues de Suède veut répondre à cette interrogation.

Résultats de l’étude: En utilisant un registre national de données, les chercheurs ont fait la comparaison des taux de décès chez 33, 915 personnes avec diabète de type 1 et ceux observés chez 169, 249 personnes n’ayant pas la condition.  En contrôlant pour plusieurs facteurs  potentiellement confondants, les auteurs indiquent clairement des risques accrus de décès de toutes causes, principalement de causes cardiovasculaires,  en présence de diabète de type 1.  Deux constatations majeures de l’étude sont : a) le risque grandement accru de mortalité de causes cardiovasculaires chez les femmes (Voir figure 1 ci-bas) et b) le risque accru de décès (plus de deux fois) même chez les personnes ayant un «bon» contrôle glycémique (valeur moyenne d’HbA1c moins de  6.9%) (Voir tableau 3 ci-bas).  La population de personnes diabétiques ayant participé au registre avait en moyenne 35.8 ans au moment de l’analyse des données avec une durée moyenne de la condition de 20.4 ans.  Ceci signifie que les participants avaient en moyenne 15.4 ans au moment du diagnostic du diabète.  Le registre n’intégrant que des personnes de 18 ans ou plus, il est impossible d’apprécier l’impact du contrôle glycémique et d’autres facteurs survenus dans les années précédant la participation au registre sur le risque de mortalité à long terme.  En l’absence de telles données, et en raison du risque accru de mortalité en présence de diabète de type 1, il est suggéré de maintenir un niveau élevé de vigilance en regard du contrôle glycémique pour la population d’âge pédiatrique.

Figure 1:

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Tableau 3:

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